Mise à jour le 12 septembre 2026
Non, la Talbot-Matra Murena n’échappe pas à la rouille perforante malgré son châssis intégralement galvanisé à chaud et sa carrosserie en résine composite. La protection anticorrosion remarquable de sa structure centrale ne couvre pas les bras oscillants arrière en tôle d’acier, dont la dégradation interne menace directement la sécurité de ce coupé produit à 10 680 exemplaires entre 1980 et 1983.
L’évaluation d’un exemplaire demande une inspection méthodique pour distinguer une base saine d’une restauration lourde. Voici les critères déterminants pour orienter votre sélection :
En résumé :
- L’état des bras oscillants de suspension arrière, pièces critiques sujettes à une perforation interne invisible depuis l’extérieur.
- Le type de motorisation montée en position centrale transversale (bloc 1.6 Poissy de 92 ch ou 2.2 Chrysler de 118 ch et 142 ch).
- La préservation de la sellerie d’origine et de la configuration à 3 places de front avec sièges individuels.
- L’intégrité des panneaux en fibre de verre et des éléments en SMC face aux chocs passés.
Quels sont les points de contrôle essentiels et les faiblesses des bras arrière ?
Les bras oscillants arrière constituent la faiblesse structurelle majeure de la Talbot-Matra Murena lors d’un examen d’achat. Contrairement à la cellule centrale qui bénéficie d’un traitement protecteur industriel complet, ces ensembles mécano-soudés en tôle brute n’ont pas reçu d’immersion protectrice lors de leur fabrication, les exposant directement à l’humidité.
Sur les plateformes d’échange spécialisées, les propriétaires soulignent que ces composants de suspension sont devenus totalement introuvables neufs. Un contrôle sur chandelles avec un éclairage puissant reste indispensable pour sonder le métal, car une peinture de surface impeccable dissimule souvent une tôle en décomposition avancée sous les projections de route.
Pourquoi les bras de suspension arrière rouillent-ils ?
L’accumulation d’eau stagnante et de saletés à l’intérieur des corps creux explique la destruction progressive des bras oscillants arrière. L’absence d’orifices de drainage efficaces transforme l’intérieur de ces pièces en piège à condensation, rongeant le métal de l’intérieur vers l’extérieur sans que le propriétaire ne perçoive d’anomalie visuelle immédiate.
Un sondage au pointeau ou de légers chocs au marteau de carrossier permettent de repérer les zones dédoublées ou affaiblies. Sauver ces éléments impose de découper les parties malades pour souder des tôles neuves formées sur mesure, avant d’injecter une cire protectrice spécifique dans les cavités pour stopper définitivement l’oxydation.
Comment identifier l’état de la carrosserie et du châssis ?
Le châssis autoporteur de la Talbot-Matra Murena bénéficie d’une immersion complète dans un bain de zinc en fusion, lui conférant une couche protectrice de 65 µm d’épaisseur. Cette galvanisation à chaud assure une tenue remarquable dans le temps, préservant les soudures structurelles et les planchers bien mieux que sur la majorité des sportives des années 1980.
La carrosserie extérieure associe des panneaux en résine armée de fibre de verre à des éléments en SMC (Sheet Moulding Compound), notamment pour les boucliers et les masques de phares escamotables. Inspectez soigneusement l’absence de faïençage du gelcoat, de délaminage de la fibre ou de déformations anormales qui trahiraient un choc antérieur ayant pu déformer le berceau métallique sous-jacent.

Performances sur route : moteur 1.6 Poissy face au 2.2 Chrysler standard et version S
La gamme mécanique de la Talbot-Matra Murena s’articule autour de deux architectures distinctes offrant des sensations de conduite très contrastées. L’implantation du groupe motopropulseur en position centrale arrière transversale garantit un équilibre dynamique remarquable et une motricité efficace, tout en préservant l’espace nécessaire à l’aménagement atypique des trois sièges individuels de front.
Cette configuration mécanique centrale complique néanmoins l’accès aux organes périphériques lors des opérations courantes d’entretien. Le calage de l’allumage, le réglage précis des vis platinées ou l’accès aux rampes d’alimentation demandent de la méthode et des outils adaptés pour intervenir par la trappe d’accès aménagée derrière les sièges.
Quelles sont les caractéristiques du moteur 1.6 Poissy ?
Le moteur 1.6 Poissy de 1 592 cm3 développe 92 ch et permet à la Murena d’atteindre 182 km/h en vitesse de pointe. Ce bloc en fonte à arbre à cames latéral brille par sa simplicité mécanique, sa grande robustesse et la disponibilité importante de ses composants d’usure sur le marché de la pièce ancienne.
Ce quatre cylindres convient parfaitement aux amateurs de balades régulières recherchant un coût d’usage modéré et des interventions mécaniques simples. Moins pointu que les versions supérieures, il offre une mise au point facile sans exiger de compétences pointues en synchronisation de carburation.
Que vaut le moteur 2.2 de la version standard et de la version S ?
Le moteur 2.2 Chrysler de 2 155 cm3 fournit 118 ch et propulse la voiture à 197 km/h, délivrant des accélérations bien plus franches grâce à sa cylindrée supérieure. Ce moteur transforme le comportement routier du coupé en offrant des relances solides à mi-régime sans devoir solliciter excessivement les rapports de boîte.
Au sommet de la hiérarchie, la Murena S du millésime 1984 (également proposée via la Préparation 142 sous forme de kit concessionnaire) atteint 142 ch et une vitesse de 210 km/h. Cette déclinaison sportive reçoit deux carburateurs double corps spécifiques et un arbre à cames au profil affûté, devenant la variante la plus recherchée des passionnés de la marque.
Inspection sur le pont : décision d’achat selon les défauts observés
Pour déterminer rapidement la rentabilité d’une acquisition face à l’état réel du véhicule, ce tableau synthétise les actions à entreprendre selon les constatations effectuées lors de votre visite :
| Défaut ou configuration constatée | Décision et conduite à tenir | Repère technique associé |
|---|---|---|
| Bras oscillants arrière perforés ou sonnant le creux | Refuser l’achat ou négocier le coût d’une réfection chez un artisan | Pièces de rechange neuves introuvables |
| Moteur 1.6 Poissy d’origine tournant sans bruit suspect | Valider pour un usage régulier et un budget d’entretien accessible | Bloc 1 592 cm3 de 92 ch (182 km/h) |
| Moteur 2.2 standard de 118 ch avec mécanique saine | Vérifier l’étanchéité du circuit de refroidissement et les carburateurs | Bloc 2 155 cm3 de 118 ch (197 km/h) |
| Modèle présenté comme version 142 ch (S ou kit d’époque) | Exiger les certificats d’époque attestant la Préparation 142 | Arbre à cames pointu et 142 ch (210 km/h) |
| Panneaux composites fissurés ou éléments SMC endommagés | Contrôler les fixations sur le châssis galvanisé avant engagement | Cadre acier avec zinc de 65 µm |
En présence d’un véhicule ayant subi des découpes artisanales de châssis ou l’installation d’un groupe motopropulseur non d’origine, abstenez-vous pour éviter tout refus rédhibitoire lors du passage au contrôle technique.

Quelle est la cote actuelle sur le marché de l’occasion ?
La valeur d’une Talbot-Matra Murena dépend directement de l’état structurel de ses trains roulants, de l’alignement de sa carrosserie et du respect de sa configuration d’époque. Avec seulement 10 680 unités construites, chaque déclinaison conserve un attrait réel auprès des collectionneurs avertis de sportives françaises.
Un habitacle abîmé ou des sièges dépareillés représentent une dépense importante lors d’une remise en état, les tissus d’origine étant difficiles à retrouver. Intégrez toujours ces frais de sellerie et de remise en état mécanique dans votre calcul global avant de finaliser la transaction.
Quel budget prévoir pour une Murena 1.6 ?
La version 1.6 constitue le modèle le plus abordable de la gamme pour entrer dans l’univers de la marque. Ses coûts de révision moteur réduits et la simplicité de sa chaîne cinématique permettent de maintenir un véhicule en parfait ordre de marche sans engager des dépenses excessives.
Les véhicules nécessitant des soins cosmétiques légers forment une base de travail idéale pour les amateurs effectuant eux-mêmes leurs travaux d’entretien. Veillez simplement à contrôler la propreté du circuit de refroidissement pour préserver le joint de culasse lors des trajets estivaux.
Combien coûte une Murena 2.2 ou une version S ?
La variante 2.2 de 118 ch se positionne à un niveau tarifaire supérieur, justifié par son agrément de conduite et ses performances nettement plus sportives. Sa rareté relative et son tempérament moteur en font une pièce recherchée sur le marché des coupés des années 1980.
Les authentiques modèles Murena S et les versions 2.2 munies de la Préparation 142 d’époque atteignent les valorisations les plus élevées du marché. L’existence d’un dossier historique limpide et des plaques d’identification officielles s’avère indispensable pour justifier le tarif élevé réclamé par ces versions d’exception.
Une fois l’exemplaire idéal déniché, quelles sont les démarches administratives pour faire immatriculer votre véhicule en toute conformité ? Il convient de monter un dossier d’attestation auprès de la Fédération Française des Véhicules d’Époque afin d’obtenir un certificat d’immatriculation avec la mention collection.
Les informations de cet article sont fournies à titre indicatif. Pour tout projet de travaux, consultez un professionnel qualifié qui pourra évaluer votre situation spécifique selon les normes en vigueur.
FAQ
Comment monter un dossier FFVE pour une Murena ?
Constituez votre dossier en rassemblant les photographies du véhicule sous plusieurs angles (vue d’ensemble, habitacle, numéro de série frappé sur le châssis galvanisé), accompagnées du formulaire réglementaire et de la copie de l’ancien certificat d’immatriculation.
Comment obtenir un certificat d’immatriculation véhicule de collection ?
Après validation de votre dossier par la FFVE et réception de l’attestation officielle, finalisez la démarche sur le site de l’ANTS pour obtenir votre carte grise collection, ce qui espace le contrôle technique à cinq ans.
Quelles sont les précautions à prendre sur un plan mécanique avant un long trajet ?
Vérifiez le niveau et la purge du circuit de refroidissement vers le radiateur avant, inspectez l’état des étriers de frein arrière à commande de frein à main intégrée et contrôlez l’absence de jeu dans les rotules de suspension.
Comment différencier une vraie Murena S d’une 2.2 kitée 142 ?
La version S correspond uniquement au dernier millésime 1984 assemblé en usine avec son identification constructeur propre, tandis que la Préparation 142 était un ensemble de pièces monté par les concessionnaires sur des bases 2.2 de 118 ch.
Peut-on remplacer facilement les bras de suspension arrière ?
Les pièces d’origine n’étant plus produites, un échange standard par un élément neuf est impossible ; la seule solution consiste à faire réparer et renforcer les bras existants auprès d’un métallier spécialisé.
