Il y a des voitures dont on entend parler toute sa vie, et puis il y a les voitures qu’on découvre par hasard, au détour d’un vieux garage ou d’une conversation entre passionnés. La Murena Talbot, c’est un peu le secret bien gardé de l’industrie automobile française. On me demande souvent : “Roger, c’est quoi cette Talbot Murena dont certains collectionneurs raffolent ?” Eh bien, accrochez vos ceintures, je vais vous embarquer dans l’histoire d’un modèle qui a presque failli passer sous les radars… mais qui mérite vraiment le coup d’œil.
Murena Talbot : retour sur une aventure 100% française
Quand la Talbot Murena a débarqué, à quoi ressemblait le paysage automobile ?
Début des années 80. Pour vous restituer l’ambiance : le walkman fait fureur, on roule en jean délavé, et côté bagnoles, on cherche à conjuguer design funky et fiabilité. Talbot – qui a récupéré le flambeau de Simca – tente à l’époque de se démarquer avec une voiture sportive, abordable, et plutôt “à la française”. Résultat : en 1980, la Talbot Murena sort de l’usine de Poissy.
Ce coupé trois places côte à côte (vous avez bien lu !), c’est un ovni dans le paysage. J’étais gosse à l’époque, et je me souviens avoir vu passer cette drôle de silhouette sur le périph’ de Lille… Autant vous dire : ça ne ressemblait ni à une R5, ni à une 205 GTI.
Un moteur central et des lignes originales : le pari de la Murena
Sous son capot arrière, la Murena abrite un moteur placé en position centrale – un “truc de sportif”, rare dans les modèles populaires. Suivant les versions, on pouvait choisir entre des blocs 1.6 et 2.2 litres, allant de 92 à 142 chevaux. Ce n’était pas une Ferrari, d’accord, mais pour l’époque, elle envoyait ! Grisant, surtout que la répartition du poids apportait une tenue de route, disons-le, “joueuse”.
Mais ce qui marquait vraiment : l’allure du coupé. Des lignes tendues, une carrosserie traitée contre la corrosion (un détail que beaucoup négligeaient à l’époque…). D’ailleurs, encore aujourd’hui, on trouve des Murena qui n’ont pas pris une ride. Une bonne couche de cire, et hop, la voiture brille comme à sa sortie d’usine… Par contre, il faut aimer le caractère brut des sportives de l’époque : pas d’ABS, pas d’ESP, et une boîte de vitesses qui n’aime pas qu’on lui bouscule trop les rapports quand l’huile est froide !
Les versions et finitions : du rêve sportif au quotidien des collectionneurs
Entre 1980 et 1983, Talbot a vendu environ 10 680 exemplaires de la Murena, toutes versions confondues. Les trois versions principales :
- Murena 1.6 : Une entrée de gamme honnête, 92 ch, accessible à tous.
- Murena 2.2 : Le vrai tempérament sportif, 118 ch (rapidement upgradé), qui se rapproche des sensations d’une vraie GT.
- Murena 2.2 S : La série “musclée”, 142 ch, carrosserie un peu plus agressive, jantes spécifiques… Idéal pour frimer lors des rassemblements !
Anecdote : Je me souviens qu’un copain mécano, dans les années 90, avait récupéré une 2.2 S dans un champ… Complètement envahie par la mousse, mais moteur nickel ! Comme quoi, parfois, le vieux slogan “la force tranquille” prenait tout son sens.
L’intérieur atypique : trois places côte à côte, sérieux ?
Un détail croustillant : la Murena, c’est la seule voiture de série française des années 80 à proposer trois vraies places… côte à côte. Pratique ? À vous de voir ! Disons que pour aller chercher le pain ou partir en week-end en amoureux (avec un ado râleur au milieu), c’était plutôt marrant. Aujourd’hui, cet intérieur fait partie de son charme “collector”. Les assises, d’ailleurs, résistent encore étonnamment bien au temps pour peu qu’on ait évité les déchirures de ce fameux tissu “rayures seventies” si à la mode à l’époque.
Points forts et limites de la Talbot Murena : la checklist terrain
À ceux qui se posent la question : “Est-ce que ça vaut vraiment le coup d’acheter une Murena Talbot aujourd’hui ?”, voici de quoi peser le pour et le contre :
| Critère | Points forts | À surveiller |
|---|---|---|
| Design | Lignes uniques, look intemporel, vraie personnalité | Certains coloris d’origine plus difficiles à retrouver |
| Moteur | Fiable, simple d’entretien, belle sonorité en 2.2 | Surveillez les joints et la distribution, notamment sur les 2.2 |
| Carrosserie | Traitement anti-corrosion sur la coque, très durable | Portes et ouvrants pas toujours nickel sur les modèles stockés dehors |
| Intérieur | Configuration 3 places unique, instrumentation sympa | Tissus et mousses fragiles avec les années |
| Coté conduite | Comportement routier joueur, sensation vintage garantie | Freinage d’époque : prévoir de la marge, pas d’aides électroniques |
| Disponibilité des pièces | Communauté active, repros de nombreuses pièces | Certains éléments introuvables en neuf, tarifs en hausse |
Collecter ou restaurer une Murena Talbot : bonne idée ou fausse piste ?
Prix d’une Talbot Murena : combien faut-il prévoir ?
C’est la question qui fâche souvent à la machine à café : “Ça cote à combien maintenant, une Murena Talbot ?”. Eh bien, ces dernières années, les prix ont nettement augmenté, grâce à l’engouement pour les youngtimers. Voici ce qu’on peut observer :
- Une Murena 1.6 “dans son jus”, à restaurer : à partir de 5 000 €.
- Une Murena 2.2 en bon état de roulage : de 10 000 à 15 000 €.
- Un modèle 2.2 S, restauré dans les règles : jusqu’à 25 000 € pour une pièce parfaite et matching numbers.
Attention, certains passionnés n’hésitent pas à surcoter leur bijou, donc comparez les annonces et consultez les clubs Talbot pour avoir une vraie idée du marché.
Où trouver des pièces et comment bien s’entourer ?
Bonne nouvelle : la communauté Murena – et plus largement Talbot, Simca, Matra – est parmi les plus actives. Forums, bourses d’échanges, pages Facebook regorgent de conseils et de pièces d’occasion. Certains ateliers spécialisés refabriquent même des éléments spécifiques comme les joints de vitre ou les silentblocs, à des prix raisonnables.
Un p’tit mot d’expérience : ne négligez pas les documentations d’époque ! Pas mal de revues techniques (les fameuses “RTA”) circulent sur Le Bon Coin ou en brocante. Ça peut sauver des heures sous la voiture…
Premiers pas en restauration : ce qu’il faut savoir
La Murena a une construction particulière : châssis en acier traité, carrosserie en polyester… Du coup, les ruptures de corrosion sont rares (sauf à la jonction châssis/ponts). En général, les boucliers et ouvrants souffrent plus des stockages prolongés que de l’usage au quotidien.
Mécaniquement, ce sont des blocs Simca ou Peugeot, donc robustes. Sur la 2.2, profitez-en pour remplacer d’office courroies, durites, et contrôler la boîte (souvent plus ferme à froid – j’insiste : vidange régulière !). Electricité : surveillez les faisceaux, le polyester n’aime pas les échauffements intempestifs.
Petit conseil : commencez par un modèle roulant, même fatigué. Restaurer une épave sortie de grange, c’est tentant, mais il faut prévoir des soirées entières à nettoyer la mousse et à dégripper chaque boulon. Croyez-en mes doigts écorchés…
Prise en main : rouler en Murena Talbot au 21e siècle, ça vaut vraiment le coup ?
On me dit : “Mais Roger, franchement, ça roule encore bien ce genre de vieille sportive française ?” Eh bien… Oui ! C’est brut de décoffrage, la direction sans assistance vous rappelle qu’autrefois, il fallait des bras, et le tableau de bord vous plonge illico dans les années 80.
Sur la route, une Murena bien réglée procure de vraies sensations : les accélérations (pour l’époque) sont bonnes, et les virages deviennent vite un terrain de jeu. Le freinage réclame de l’anticipation, mais honnêtement, c’est ce qui rend la conduite vivante ! Ah, et pour ceux qui aiment raconter des anecdotes en terrasse : avouez qu’arriver à un rassemblement avec une Murena fait toujours son petit effet…
Donner une nouvelle vie à une Murena : Personnalisation et reprogrammation, jusqu’où aller ?
Certains puristes crient au scandale quand on modernise une youngtimer. Perso, j’y vois plutôt une façon de profiter pleinement de son auto au quotidien… Tant que les modifs sont réversibles et respectent l’esprit de la voiture ! Quelques exemples : remplacement du système audio d’époque par une installation Bluetooth planquée, ou bien upgrade du système de freinage avec des pièces compatibles modernes (ô combien recommandable pour ceux qui roulent souvent…).
Quant à la reprogrammation moteur, elle reste confidentielle sur la Murena (les blocs étant déjà bien optimisés pour leur âge), mais on trouve des kits d’admission ou d’échappement permettant de gagner un peu en agrément et en sonorité. Pour la peinture : garder les codes couleur d’origine, c’est le nec plus ultra, selon moi.
Le plaisir au quotidien : rejoindre la communauté Murena
Rassemblements, clubs et forums : la grande famille des passionnés
Avoir une Murena, c’est aussi intégrer une vraie famille : celle qui adore discuter “pignons de boîte” autour d’un sandwich au pâté lors des sorties du dimanche ! Clubs locaux, forums dédiés, et même quelques groupes WhatsApp ultra dynamiques pour l’entraide entre collectionneurs… C’est ce qui fait la magie de cette voiture.
Vous trouverez facilement des conseils pour régler un souci de verrouillage, bricoler une tringlerie de boîte, ou tout simplement partager la fierté de votre nouvelle peinture. N’oubliez pas, la vie d’une Murena, c’est avant tout des rencontres et des balades qui sentent bon l’essence et la liberté.
Mon avis de mécano passionné : pourquoi rouler en Murena Talbot, en 2024 ?
Je le dis souvent : on n’achète pas une Murena pour aller chercher le pain tous les matins. Mais pour vibrer autrement que dans un SUV aseptisé, pour le plaisir pur des mécaniques à l’ancienne, c’est un vrai régal. Et honnêtement, chaque tour de clé vous rappellera pourquoi vous aimez tant la bagnole…
Croyez-moi, voir son reflet dans une vitrine quand on passe la troisième, ça n’a pas de prix. Prendre soin d’un tel modèle, c’est rendre hommage à un petit bout de l’histoire automobile française. Alors, vous sautez le pas ? La prochaine Murena qui brille sur la route, ce sera peut-être la vôtre !
Questions fréquentes sur la Murena Talbot
La Murena Talbot est-elle une bonne voiture pour débuter en collection ?
Oui, surtout si vous recherchez une sportive abordable, originale, et plutôt fiable. Il vaut mieux privilégier un exemplaire roulant pour éviter les restaurations lourdes – à moins d’aimer mettre les mains dans le cambouis !
Combien ça coûte d’entretenir une Murena au quotidien ?
Globalement, l’entretien est raisonnable : vidanges, filtres, freins sont accessibles. Ce sont surtout les pièces de carrosserie et d’intérieur qui peuvent coûter cher, car difficiles à trouver en neuf.
Où peut-on trouver des clubs ou des rassemblements dédiés ?
On trouve plusieurs clubs en France, notamment l’Amicale Matra et Talbot. Forums et pages Facebook sont aussi d’excellents relais pour découvrir des événements régionaux ou échanger des pièces.
Quels sont les points faibles principaux ?
Surveillance du système de refroidissement, des joints moteur, et de la corrosion sur le châssis (même s’il est traité). Attention aussi aux faisceaux électriques vieillissants sur les exemplaires stockés longtemps.
Quelles alternatives à la Murena Talbot pour un premier “coupé sportif” à collectionner ?
Pensez à la Peugeot 205 GTI, la Renault Fuego, la VW Scirocco, ou la Fiat X1/9. Chacune propose une saveur différente, mais la Murena reste imbattable pour l’originalité de son concept et son ambiance seventies-début 80 !

