Il y a des lettres de l’alphabet qui résonnent plus fort que d’autres quand on parle de voitures. Curieusement, la lettre « E » cache quelques-unes des histoires les plus étonnantes du monde automobile. Derrière certaines marques, on trouve des rêves fous, des paris risqués, des triomphes éclatants… et parfois des échecs cuisants qui nous rappellent que l’automobile, c’est avant tout une aventure humaine.
Aujourd’hui, je vous embarque dans un voyage à travers ces marques de voitures qui commencent par un « E ». Promis, pas de jargon, juste le plaisir de raconter comme si on était autour d’un moteur ouvert, les mains dans la graisse, à discuter passion.
Eagle : l’envol manqué d’une belle idée américaine
Ah, Eagle… Pour ceux qui ont connu l’Amérique de la fin des années 80, Eagle, c’était un souffle de fraîcheur, une promesse d’innovation sous pavillon Chrysler. Né en 1988, Eagle a essayé de séduire les jeunes conducteurs avides de nouveauté avec des modèles comme la Talon ou la Vision.
Je me souviens avoir vu une Eagle Vision garée dans une petite rue du centre-ville de Lille. Son allure nerveuse et sa calandre singulière faisaient tourner les têtes. Pourtant, malgré tout cet enthousiasme, la marque n’a pas réussi à trouver sa place, perdue entre Jeep, Dodge et Chrysler. En 1998, Eagle a tiré sa révérence, laissant derrière elle quelques perles oubliées.
Edsel : l’échec le plus célèbre de Ford
Parlons d’Edsel, parce qu’il faut aussi savoir sourire de ses erreurs. Ford, dans les années 50, croyait avoir trouvé la formule magique pour séduire la classe moyenne. Nouveau design, gros marketing, production optimiste… Le problème ? Le public n’a jamais accroché. Trop cher, trop clinquant, trop différent.
Une fois, dans un rassemblement d’anciennes à Arras, j’ai pu admirer une Edsel Corsair, dans son jus. Cette grosse américaine pleine de chrome, avec sa calandre en forme de fer à cheval, avait un charme fou… mais il fallait admettre qu’elle sortait de nulle part. Résultat : arrêt de la production en deux ans seulement, et un cas d’école pour les écoles de marketing.
Elfin : l’Australie sous le signe de la course
Imaginez un petit atelier niché en Australie, où l’on construit à la main des voitures de course. Elfin, c’est ça. Fondée en 1957 par Garrie Cooper, Elfin Sports Cars a produit des engins taillés pour la piste, en série très limitée.
Quand on regarde une Elfin MS8 Clubman, on sent l’odeur de la gomme brûlée et l’air chaud d’une journée sur circuit. Pas de superflu, juste de la performance pure. Encore aujourd’hui, Elfin est un symbole d’authenticité pour ceux qui préfèrent les sensations brutes aux gadgets électroniques.
Eicher Motors : l’empreinte discrète mais solide de l’Inde
Peu connue chez nous pour ses voitures, Eicher Motors est un géant industriel en Inde. Derrière ce nom, il y a aussi une légende des deux-roues : Royal Enfield.
Quand je suis allé en Inde pour un projet automobile il y a quelques années, je me suis souvent retrouvé bloqué derrière une Enfield pétaradante. C’était peut-être irritant dans les bouchons, mais impossible de ne pas admirer ce mélange de robustesse et de nostalgie mécanique.
Côté quatre roues, Eicher construit des poids lourds et des bus, des véhicules taillés pour encaisser les pires routes du monde. Pas de glamour ici, mais une robustesse à toute épreuve.
Englon : quand la Chine rêve de Londres
Englon, c’est un joli clin d’œil. En 2010, Geely lance cette marque pour ressusciter l’esprit des taxis londoniens, en version modernisée et… Made in China.
Si vous êtes déjà monté dans un taxi de Shanghai en vous croyant à Piccadilly Circus, c’était sans doute un Englon TX4. Le charme britannique sous carrosserie chinoise, avec un moteur diesel ronronnant au ralenti dans les bouchons interminables.
Everus : Honda, mais made in China
On reste en Chine avec Everus, créé par Honda et GAC. Leur but ? Proposer des électriques accessibles au marché chinois.
Un jour, lors d’un salon automobile à Guangzhou, je me suis glissé dans une Everus VE-1. L’intérieur était simple, fonctionnel, sans chichi. Exactement ce qu’attendent les conducteurs urbains chinois : un moyen de transport fiable et économique, sans chercher à impressionner.
Exagon Motors : l’éclair français qui n’a pas frappé
Ah, Exagon Motors. Un rêve français de supercar électrique, incarné par la Furtive-eGT. Une fusée silencieuse, capable d’abattre le 0 à 100 en moins de 4 secondes, avec une autonomie bluffante pour l’époque.
Je l’avais vue de près au Mondial de l’Auto à Paris, en 2012. Un stand discret, mais une présence incroyable. Dommage que le projet n’ait jamais réellement décollé. Il fallait sans doute plus de marketing et moins de modestie pour rivaliser avec Tesla.
EMW : la cousine oubliée de BMW
EMW (Eisenacher Motorenwerk), c’est l’histoire d’une branche de BMW qui a survécu… à l’Est. Après la Seconde Guerre mondiale, l’usine d’Eisenach passe sous contrôle soviétique et continue à produire des voitures sous son propre label.
Le logo EMW ressemblait d’ailleurs étrangement à celui de BMW, avec juste un changement de couleurs. Un morceau d’histoire à part, à une époque où même la mécanique était coupée en deux, comme le mur de Berlin.
Edran : le secret belge des supercars
À la frontière entre la discrétion belge et la passion pour la performance, il y a Edran. Peu connue, cette marque fabrique des voitures de sport légères et ultra-rapides, souvent à la main.
Je me souviens avoir croisé une Edran Spyder lors d’un rassemblement à Spa-Francorchamps. Compacte, agressive, taillée pour la piste… Un petit bijou que seuls les initiés reconnaissent.
Excalibur : quand les années 30 reviennent en 1980
Dans les années 60, aux États-Unis, on voit apparaître Excalibur : des voitures modernes au look de roadsters d’avant-guerre.
Je vous assure, rouler en Excalibur Phaeton, c’est comme voyager dans le temps. Capot interminable, chromes étincelants, gros V8 américain sous le capot. Pas très pratique au quotidien, mais alors, quelle allure devant un casino ou à un mariage !
Elemental : retour à l’essentiel, version anglaise
Elemental, c’est un tout jeune constructeur britannique. Avec leur RP1, ils proposent une voiture de sport ultra-légère, presque dépouillée, conçue pour ceux qui pensent qu’un bon tour de piste, c’est avant tout une question de sensations brutes.
Une caisse de seulement 580 kg propulsée par un moteur turbo de 320 chevaux… Vous imaginez le frisson ?
Eterniti Motors : l’éphémère tentative d’ultra-luxe
En 2010, un groupe de financiers londoniens a une idée brillante : créer des SUV ultra-luxueux personnalisables. Le résultat ? Eterniti Motors et son modèle Artemis, basé sur un Porsche Cayenne.
À l’époque, l’idée était novatrice, avant que Bentley et Rolls-Royce ne s’y mettent eux aussi. Sauf qu’Eterniti a disparu aussi vite qu’elle est arrivée, faute de clients prêts à payer très cher pour un Cayenne recarrossé.
Estrima : la mobilité urbaine version italienne
Quand vous traversez une ruelle de Milan en voyant passer un tout petit engin électrique deux places, il y a de grandes chances que ce soit une Estrima Birò.
Pratique, compact, branché sur une simple prise domestique : le véhicule idéal pour la jungle urbaine, sans se prendre la tête avec les parkings.
Elaris : la nouvelle vague électrique allemande
Dernier arrivé dans la partie, Elaris propose des voitures électriques accessibles, en s’appuyant sur des partenariats chinois. Le but ? Démocratiser l’électrique, tout simplement.
Je parie qu’on va en voir fleurir beaucoup dans nos rues dans les années à venir, surtout avec la montée des zones à faibles émissions.
FAQ – Marques de voitures commençant par E
Quelle est la marque de voiture commençant par E la plus connue aujourd’hui ?
Probablement Eicher Motors, grâce à son influence via Royal Enfield, ou Evergrande Auto, du côté des nouveaux acteurs électriques chinois.
Quelle marque a eu la plus courte durée de vie ?
Edsel, avec à peine deux ans d’existence, reste un exemple mythique d’échec commercial.
Y a-t-il des supercars qui commencent par E ?
Oui ! Exagon Motors en France et Edran en Belgique ont produit des voitures de sport haut de gamme.
Peut-on trouver facilement des pièces pour une EMW ou une Edsel ?
Non, elles sont devenues rares et recherchées, réservées aux passionnés de restauration de véhicules anciens.
Quelle marque illustre le mieux la tendance à l’électrification ?
Everus et Elaris, qui incarnent parfaitement le basculement vers la mobilité électrique sur les marchés asiatiques et européens.


